Les tâches qui reviennent
Un catalogue entier, livré par lots et pas d’un coup
Pourquoi un import de catalogue se livre par lots, ce que le premier lot de 50 produits a montré, et pourquoi le travail n’est jamais l’import.
Blog · Les tâches qui reviennent
Personne ne passe deux heures à réfléchir au contenu d’un compte rendu. On les passe à le remettre en forme. Dans un cabinet qui suit 96 clients par an, une personne y était consacrée presque à plein temps, alors que la transcription des rendez-vous, elle, existait déjà.
Un cabinet de conseil suit 96 clients par an, avec des rendez-vous chaque semaine. De chaque rendez-vous sortent des documents : une fiche client, un plan d’action, un contrat, un dossier à monter. Six types de documents en tout.
Une personne y était consacrée presque à plein temps. Pas à réfléchir au contenu : à le remettre en forme. C’est la même mécanique que la double saisie d’une exploitation agricole, avec des documents à la place des commandes, et elle se traite de la même façon : en mesurant d’abord.
Quand on parle d’automatiser des comptes rendus, la plupart des gens imaginent une machine qui écoute et qui écrit. C’est déjà fait, et ce n’est pas là que se trouve la difficulté.
La transcription existait avant moi dans ce cabinet. Elle tombait toute seule dans un dossier de stockage après chaque visioconférence. Elle ne servait à rien, parce que personne n’allait la lire : le mot à mot d’un rendez-vous est plus long à dépouiller que le rendez-vous lui-même.
Ce qui manquait, c’était le passage. De ce qui s’est dit, extraire ce qui compte, le ranger dans un dossier client, et en sortir le document attendu. Six documents différents, six structures différentes, à partir de la même matière. C’est le travail que décrit la page documents et comptes rendus, et il se livre par lots.
Le travail réel tient en trois choses, et une seule est visible.
Le modèle de données d’abord. Un rendez-vous parle d’une personne, d’un dossier, d’un budget, d’une échéance, d’une décision. Ces objets ont des liens entre eux, et ces liens doivent exister quelque part avant qu’un document puisse en sortir. Sur ce dossier, ça fait douze tables. C’est le morceau invisible, c’est celui qui prend le plus de temps, et c’est celui qui rend la suite possible.
L’extraction ensuite. C’est la partie qui utilise l’intelligence artificielle, et c’est la plus courte à construire.
La relecture enfin. Chaque information extraite passe par un écran où elle s’affiche à côté de ce qui a été dit, et rien n’entre au dossier sans que quelqu’un le valide. Cette règle est écrite au contrat, noir sur blanc : les contenus produits par les fonctions d’extraction sont soumis à la validation du client, et je ne garantis pas l’exactitude de ce qui n’a pas été validé.
Ce n’est pas une clause de prudence juridique. C’est la façon dont l’outil est conçu. Un texte produit par une machine à partir d’une conversation contient parfois un montant mal entendu ou une date décalée d’une semaine. Sur un plan d’action, ça se corrige. Sur un contrat, ça ne se corrige pas après signature.
Ce dossier a une chronologie que je raconte parce qu’elle est plus utile que le résultat.
Premier contact en décembre 2025, par le formulaire du site. Chiffrage en janvier 2026. Refus : un collaborateur maîtrisait bien un outil de prise de notes du commerce, ils allaient le faire en interne.
Retour en mai, après quatre mois. L’essai n’avait pas tenu, et ils voulaient repartir d’une page blanche.
Je ne raconte pas ça pour dire qu’ils avaient tort d’essayer. Ils avaient raison d’essayer : un outil du commerce coûte une fraction d’un chantier, et si ça avait tenu, ils auraient eu le bon outil pour le bon prix. Ce qui a cassé, d’après eux, tient en trois mots : la prise en main. L’outil demandait à chacun de le remplir correctement pour rendre quelque chose, et un outil générique ne connaît pas votre métier.
Cette séquence, essayer seul puis se retrouver coincé, je l’ai vue deux fois en 2026. C’est un chemin normal, et il coûte surtout du temps.
Pas son poste. Le temps qu’elle passait à mettre en forme revient sur ce que la mise en forme empêchait de faire : rappeler un client, relire un dossier avant qu’il parte, préparer le rendez-vous suivant.
C’est la question à poser avant de commencer, et je la pose au premier jour : cette personne, une fois libérée, elle fait quoi. Si la réponse n’existe pas, le chantier n’a pas d’intérêt.
Un compte rendu qui s’écrit tout seul n’a d’intérêt que si quelqu’un en fait quelque chose de mieux. Sinon, on a juste accéléré une tâche qui n’avait pas à exister.
Jérémy Buyle
Ingénieur indépendant. Je construis des applications et des automatisations sur mesure pour les PME de 5 à 50 personnes, livrées testées, garanties 30 jours, et qui vous appartiennent. Lire le guide correspondant.
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Dites-moi qui la fait, combien de fois par semaine, et avec quels logiciels. Je vous réponds sous vingt-quatre heures, par écrit, avec une première lecture de ce que vous m’aurez décrit. Si la tâche ne se prête pas à un outil, je vous le dis et je vous explique pourquoi.
Une tâche répétitive ne coûte jamais d’un coup : elle prend deux heures cette semaine, deux heures la suivante, et personne ne la voit jamais passer dans un budget. Le calcul se fait en deux minutes et il se fait sans moi.
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