Les tâches qui reviennent
Un catalogue entier, livré par lots et pas d’un coup
Pourquoi un import de catalogue se livre par lots, ce que le premier lot de 50 produits a montré, et pourquoi le travail n’est jamais l’import.
Blog · Les tâches qui reviennent
La double saisie ne se voit pas dans un compte de résultat. Elle se voit quand on suit une commande du premier appel jusqu’à la facture, et qu’on compte les fois où la même information est retapée. Dans une exploitation de 14 personnes, c’est 3 à 5 fois par information.
Une exploitation agricole d’environ 14 personnes, avec de la transformation et de la vente. Une seule personne tient l’administratif, les catalogues et les commandes.
Le planning de production vit dans une feuille de calcul de 118 lignes sur 781 colonnes. Remplie à la main. Chaque semaine.
Quand on parle de double saisie, la première question posée est toujours : combien de temps ça prend. La réponse, ici, tourne autour de 6 à 9 heures par semaine passées à ressaisir. C’est une estimation, posée avec eux en réunion, pas un relevé chronométré, et je la donne comme telle.
Le chiffre plus solide est ailleurs, et vous pouvez le compter sans chronomètre : chaque information est recopiée 3 à 5 fois, et chaque commande traverse 5 étapes de recopie.
Ce chiffre-là se vérifie en une matinée, et c’est exactement ce que fait la journée de qualification avant de chiffrer quoi que ce soit. On prend une commande, on la suit de l’appel jusqu’à la facture, on note à chaque fois qu’une information déjà écrite ailleurs est retapée. Votre résultat ne se discutera pas, contrairement à une estimation d’heures, que chacun trouve haute ou basse selon son humeur.
C’est aussi le chiffre qui dit où intervenir. Cinq recopies, ce sont cinq endroits possibles, et quatre d’entre eux ne valent pas un chantier.
L’information de départ est propre. Un client commande, quelqu’un la prend en note. À partir de là, elle voyage.
Elle passe dans le planning de production, parce que la production travaille à la semaine et pas à la commande. Elle passe dans les lots, parce que la traçabilité l’exige et que ce n’est pas négociable dans l’alimentaire. Elle passe dans le bon de livraison. Elle passe dans la facturation, dans un logiciel métier qui coûte environ 300 € par trimestre, soit 1 200 € par an. Ailleurs, la même mécanique porte sur un rendez-vous plutôt que sur une commande : ce qui manque entre la réunion et le document. Celui-là est un coût facturé, donc un chiffre dur, contrairement aux heures.
Et une fois par an, quelqu’un passe une semaine dans un tableur pour savoir quels produits sont rentables. Une semaine entière, sur des données qui existaient déjà, dispersées dans cinq endroits qui ne se parlent pas.
C’est cette dernière ligne qui m’a le plus frappé. Le coût de la double saisie n’est pas seulement le temps de recopier, c’est ce qu’on renonce à savoir parce que le savoir coûterait une semaine de tableur : quels produits gagnent de l’argent, lesquels en perdent, et depuis quand. Une entreprise qui ne sait pas ça décide à l’aveugle. Toute l’année.
Rien. J’ai écrit un cahier des charges et un chiffrage en neuf modules sur trois phases, daté du 26 mai 2026. Il n’a pas été signé. Le dossier dort depuis.
Je le raconte quand même, et pas par bravade. Un diagnostic vaut par lui-même, indépendamment de ce qui vient après. Cette exploitation sait aujourd’hui ce que sa double saisie lui coûte et où elle se produit. Elle peut décider de ne rien faire, de traiter une seule des cinq étapes, ou d’attendre. Elle décide avec des chiffres.
Et je préfère écrire cet article ainsi plutôt que de laisser croire qu’un outil a été construit et qu’il a tout réglé. Si un jour un chantier sort de ce dossier, je le raconterai avec ses résultats et l’accord des intéressés, pas avant.
Pas par le plus gros. Par celui qui bloque quelqu’un.
Le guide automatiser une tâche répétitive pose les trois conditions, et un catalogue de 3 000 fiches montre la même mesure sur un autre métier. Dans cette exploitation, la personne qui tient l’administratif est le point de passage de presque tout. Le premier chantier utile n’est pas celui qui économise le plus d’heures sur le papier, c’est celui qui retire de son chemin la tâche qu’elle ne peut pas déléguer et qui l’empêche de traiter le reste.
Comptez d’abord. Vous saurez alors si votre problème vaut un chantier, et lequel.
Jérémy Buyle
Ingénieur indépendant. Je construis des applications et des automatisations sur mesure pour les PME de 5 à 50 personnes, livrées testées, garanties 30 jours, et qui vous appartiennent. Lire le guide correspondant.
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La transcription d’un rendez-vous existe déjà chez presque tout le monde. Ce qui manque, c’est le passage de la transcription au document que le client attend.
Les tâches qui reviennent
Dix à douze nouveaux clients par mois, 90 contenants par véhicule, des tournées à recalculer tous les deux à trois mois. Pourquoi c’est plus dur qu’un tri.
Dites-moi qui la fait, combien de fois par semaine, et avec quels logiciels. Je vous réponds sous vingt-quatre heures, par écrit, avec une première lecture de ce que vous m’aurez décrit. Si la tâche ne se prête pas à un outil, je vous le dis et je vous explique pourquoi.
Une tâche répétitive ne coûte jamais d’un coup : elle prend deux heures cette semaine, deux heures la suivante, et personne ne la voit jamais passer dans un budget. Le calcul se fait en deux minutes et il se fait sans moi.
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